Il y a eu beaucoup de mouvement dans l’Asie ces deux dernières semaines. Premièrement parce que les nouvelles des PIBs du dernier trimestre sont sorties pour beaucoup de pays, et les chiffres sont désastreux; on réalise que l’Asie est touchée beaucoup plus durement par la crise économique que les pays occidentaux, et cela fait beaucoup... Au cours du quatrième trimestre de 2008, le PIB annualisé a diminué en moyenne de près de 15% pour Hong Kong, le Singapour, la Corée du Sud et la Thaïlande, malgré une inflation grandissante, et ce sans compter leurs exportations qui ont chuté de plus de 50% à un rythme annualisé. De façon générale, les exportations de l’Asie ont subi une forte diminution, dont la Chine où la diminution est de 17,5%, soit sa plus forte baisse depuis la crise asiatique il y a 13 ans. Si l’on veut faire une revue de la dernière année, on remarque que la plupart des taux d’intérêt asiatiques ont diminué de 3%, que la masse monétaire fut considérablement augmentée (jusqu’à 13% en Australie), que les taux de chômage sont tous à la hausse (sauf en Chine), et que les PIBs réels sont tous négatifs (sauf en Chine encore) – le bilan est plutôt noir.
La deuxième raison pour laquelle l’Asie fait les manchettes est politique : les dirigeants des différents pays cherchent à mettre le blâme les uns sur les autres; les États-Unis seraient désavantagés puisque la Chine dévaluerait volontairement sa devise en finançant ses exportations, tandis que la Chine serait victime des États-Unis puisque le ralentissement de son économie la touche durement. Bien que les revendications des États-Unis soient davantage de dernier recours que réalistes, il faut tout de même mettre un bémol aux cris et revendications du gouvernement chinois également : malgré de fortes baisses des exportations, 1. elles ne sont pas « la faute » des États-Unis en particulier, puisque le ratio Exports/Imports a augmenté en Chine (le principal problème est donc la consommation intérieure), et 2. la Chine demeure la seule économie de taille qui, au taux réel, a un PIB croissant dans le quatrième trimestre [1].
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