Des nouvelles plutôt noires sont sorties quant à la Taïwan, devenant le pays le plus fortement touché par la récession. Sa diminution trimestrielle de 8,36% et des exportations qui demeurent faibles poussent l’analyste Sriyan Pietersz de chez J.P. Morgan à prédire l’aggravement de la situation (1). Quant aux taux d’intérêts, la banque centrale effectua une diminution de son taux d’intérêt de 0,25%, le ramenant à un creux historique de 1,25%.
Pour le Japon, la deuxième plus grande économie mondiale, le PIB trimestriel a diminué de 3.3% pour le dernier trimestre de 2008, principalement dû à 1) une forte diminution de la demande en Amérique pour ses bien et 2) la force de leur devise. Les prévisions des analystes pour la croissance du PIB se sont donc établies à environ -4% en 2009, soit une contraction deux fois plus importante que celles prévues en Amérique et en Europe (2). L’annonce d’un budget pour stimuler la demande est donc à prévoir pour le Japon.
Des bonnes nouvelles se font toutefois sentir par rapport à la Chine, malgré la diminution de 33% des investissements locaux de l’étranger. En effet, leur système bancaire est très liquide, et tandis que la plupart des économies sont prises dans un resserrement du crédit, les prêts chinois ont augmenté de 21% dans l’année jusqu’à janvier. D’autre part, le gouvernement s’engage dans une lutte au protectionnisme qui fait l’éloge de ses partenaires.
Quant aux prévisions des économistes : 1) on estime, selon l’Organisation Internationale du Travail, que le nombre de personnes sans emploi en Asie devrait être de 23.3 millions, soit trois fois l’estimé émis un mois plus tôt de 7.2 millions. Il n’est pas surprenant d’apprendre, ainsi, que dans la région Sud de la Chine (de Guangzhou à Shenzhen), depuis un an, entre un tiers et la moitié des industries ont fermé (3). 2) Quant aux exports, les économistes estiment qu’ils diminueront d’un cinquième durant 2009. 3) Les prix à la consommation, quant à eux, diminueraient fortement eux aussi (4).
Concernés par les résultats critiques de plusieurs, et étant donné la crise économique mondiale, certains pays d’Asie en sont venus à un accord pour augmenter la réserve disponible pour un swap de devises. Créé initialement suite à la crise asiatique des années 90, ce swap totalisera un montant de 120 milliards et sera utile pour stabiliser certaines devises des pays asiatiques. Le but de ce swap est de permettre aux pays touchés par un manque de liquidités à court terme (dû à la pénurie de leurs réserves en devises étrangères) d’absorber la pression sur la vente de leurs monnaies. Le Japon, la Chine et la Corée du Sud participeront pour 80% de ce fond. Ce swap devrait avoir lieux en mai.
(1) Wright, Tom, “Thai GDP Shows Region’s Weakness”, Wall Street Journal, 19 février 2009.
(2) “Japan’s crashing economy : Cold medicine”, The economist, 21-27 février 2009.
(3) “Time to change the act”, The economist, 21-27 février 2009.
(4) Kwong, Robin, “Tumbling GDP pushes Taïwan into recession”, Financial Times, 19 février 2009.